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Détruire et construire la Kibira, une apparente contradiction mais réelle chez Marie Nduwimana

Née en 1964 sur la colline Gatebe zone Bugarama commune et province Muramvya, Marie Nduwimana est devenue veuve lors de la crise de 1993. Elle s’est réfugiée dans la forêt de la Kibira où la plupart de ses voisins avaient trouvé refuge. Dès lors, la Kibira était ainsi devenue une source de survie alimentaire, par l’exploitation agricole et la disponibilité du bois de chauffage pour ces déplacés.

En 2001, prenant les devants, Marie Nduwimana ainsi que quelques anciens occupants de la Kibira se rendirent compte qu’ils avaient été pendant longtemps des acteurs de la destruction de cette forêt. Sur le leadership de Marie Nduwimana, ils décident alors de mener des actions de protection et de restauration de la Kibira à travers une association « Dukingire Ikibira », œuvrant dans la protection de la Kibira.

 

 

Une action parfois incomprise, admirée par la suite

Cette première association a évolué en un groupement coopérative dénommé « Dukingire Ikibira2 », composée de 150 membres dont seulement 17 hommes.  Marie Nduwimana dit que le début de la création de l’association n’a pas été soutenue par tout le monde : « Certains considéraient notre initiative comme une folie », témoigne-t-elle. « Parmi eux, il y avait des voisins, ainsi que les autorités à la base », ajoute-t-elle en soulignant toutefois qu’une association féminine dénommée Femmes et l’Environnement au Burundi a soutenu leur initiative.

Joseph Niyongendako, membre de la coopérative et résidant sur la colline Kavya de la zone Bugarama affirme que l’initiative de Madame Nduwimana l’a fait celui qu’il est aujourdhui.

Médiatrice Nkurunziza, elle aussi membre de la coopérative Dukingire Ikibira2, reconnait la bravoure de Madame Nduwimana. Elle affirme pouvoir partager avec les autres dans l’entourage l’expérience qu’elle a gagnée dans la multiplication de différentes espèces d’arbres.

Gaston Sindimwo, un résidant de la colline Remera zone Shombo, commune Muramvya salue quant à lui la restauration des espèces d’arbres naturels qui étaient en train de disparaître mais qui peuvent être trouvés dans des pépinières de la coopérative de Madame Nduwimana : « J’ai moi-même décidé d’aller planter l’Umuremera sur ma colline Remera », précise Monsieur Sindimwo.

https://x.com/ImicokamaRadio/status/1787937334912041184

Le secrétaire exécutif permanent de la commune Muramvya, Victor Ndikubwayo, qualifie Marie Nduwimana de femme leader, inlassable, tout cela malgré son âge. Cette autorité administrative salue le courage de cette femme qui ne rate jamais aucune réunion organisée au chef-lieu de la commune.

Le directeur du bureau chargé de l’environnement à Muramvya, Ali Kassim, indique qu’une superficie d’entre cinq et six hectares qui avait été occupée illégalement par des Batwa a été récupérée grâce à la plantation d’arbre par la coopérative de Madame Nduwimana.

https://x.com/ImicokamaRadio/status/1787937409310585276

Le besoin d’être soutenu

Avec l’interdiction de l’utilisation des emballages non biodégradables, la coopérative a de difficultés d’avoir des sachets à utiliser pour la multiplication des nouvelles plantules d’arbres dans des pépinières. Aujourd’hui, la coopérative utilise des nouveaux emballages baptisés « Reta Mvyeyi », dont le prix varie entre deux cent et cinq cent francs l’unité, selon la capacité. La coopérative parle de l’incapacité d’acheter autant d’emballages pour faire des pépinières de nouveaux plants d’arbres, bien que le directeur du Bureau Provincial de Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage à Muramvya, recommande l’utilisation des pièces du tronc de bananiers secs (amahuba) facilement décomposables et à très faible coût pour faire des pépinières.

Après une vingtaine d’années de lutte pour la protection de la Kibira, Madame Marie Nduwimana se réjouit qu’aujourd’hui la protection de l’environnement est entrée dans le quotidien des riverains de la Kibira et que des associations qui œuvrent à sa protection existent et, plus important, que les thématiques sur la protection de l’environnement sont inscrites dans les cursus de l’enseignement au Burundi.

Par Egide Nahayo

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