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Exode des médecins : une situation inquiétante au Burundi

L’alerte est depuis longtemps donnée. Plusieurs médecins ont fui le pays, à la recherche d’un meilleur traitement. Aujourd’hui, la situation inquiète. Dans plusieurs hôpitaux, un seul médecin joue à la fois le rôle de Directeur de l’hôpital et de médecin traitant, et le Syndicat National du Personnel de la Santé tire la sonnette d’alarme.

La plupart des médecins vont en Europe, et même dans les pays de la région comme le Rwanda et le Kenya. Un objectif commun, gagner leur meilleure vie. Selon Bertrand Ndayizigamiye, président du Syndicat national du personnel de la Santé (SYNAPES), « Ils vont à la recherche d’une vie meilleure, à la hauteur de leur travail et leur diplôme. La formation d’un médecin est longue, et il travaille beaucoup d’heures par jour. Pourquoi ses efforts ne sont pas considérés ? En principe le salaire devrait être proportionnel aux efforts fournis ».

Une véritable « saignée » lourde de conséquences

Bertrand Ndayizigamiye cache mal son pessimisme. Même s’il ne dispose pas de chiffres exacts des médecins qui sont partis, il indique qu’aucune semaine ne passe sans qu’il y ait départ d’un médecin ou d’un infirmier. Cette situation a de lourdes conséquences sur la santé de la population, en termes de la qualité des soins et de répercussions financières car les malades sont obligés de rejoindre ces médecins dans les pays d’asile. Le départ massif des médecins compétents a également des conséquences sur la qualité de l’enseignement qui s’en trouve inévitablement affecté.

Dans l’avenir, les étudiants ne vont plus convoiter la faculté de médecine à long cursus, pour ne pas récolter les fruits de ses efforts une fois en fonction.

Le président du SYNAPES propose des solutions pour retenir les médecins : « Nous ne réclamons que l’équité. Le gouvernement devrait tenir compte du diplôme du médecin, des heures de prestations et de la spécificité de son travail qui lui impose de rester au travail, même en dehors des heures qui lui sont imparties ».

Pour lui si rien n’est fait, il ne restera des hôpitaux que de noms et de bâtiments, alors que ce sont de véritables dispensaires.

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